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Décembre 2013

 
vendredi 27 décembre 2013
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Au nom du blé qui lève

{{Ou pourquoi nous ne sommes pas (seulement) des résistants}} Voilà, c'est parti. La course de fond est engagée. Après l'expérience locale de la [Coopérative politique->http://vega.coop/], à Liège, aux dernières élections communales et depuis lors -- un galop d'essai, [fécond->http://elections2012.wallonie.be/results/fr/com/preferred/preferred_CGM62063_394.html] mais circonscrit --, le «Mouvement VEGA» sera fondé [le 1er février prochain->http://www.mouvement-vega.be/agenda/assemblee-de-fondation/], à Charleroi, avec l'ambition de peser politiquement à l'échelle de la Wallonie et de Bruxelles dans les décennies à venir. Qu'il me soit permis de donner ici, à titre personnel et sans engager quiconque d'autre que moi, quelques explications sur la façon dont je vois cet objet dont nous avons entamé la construction il y a maintenant quelques mois avec quelques dizaines de personnes et qui va connaître son baptême du feu dans les prochains mois. Il n'y a nulle naïveté dans ce geste; pas d'utopisme qui se prépare d'énièmes lendemains qui déchantent et autres petits matins sordides; pas non plus de posture guerrière et maximaliste ; pas de «yaka»; pas de simplismes ; pas de folie des grandeurs: l'histoire humaine nous dépasse à maints égards, ses évolutions imprévisibles, ses stases, ses stochastiques sautes d'humeur. Nous n'en sommes pas pour autant condamnés à être ses jouets passifs et hébétés. Avec les autres fondateurs du mouvement, nous avons, je pense, la double conviction que l'organisation de la société doit être fondamentalement repensée pour assurer la persistance de la vie humaine sur Terre et pour permettre le bonheur des êtres humains et que c'est l'action collective et démocratique qui doit -- en dépit de toutes les avanies subies par cette idée -- être le moyen de sa réalisation. Car le bonheur est à portée de l'intelligence humaine. Il repose sur des principes simples: l'égalité, la justice, la sortie de la fuite en avant de la production qui n'a plus d'autre but qu'elle-même, le ralentissement de la vie quotidienne, la garantie inconditionnelle à chacun des libertés et biens essentiels à la vie et à l'épanouissement individuel. Notre projet ne se limite dès lors pas à exprimer la légitime révolte qui naît en chaque homme et chaque femme intègre face à l'inique cours des choses. La figure du témoignage politique ne nous intéresse pas; nous entendons sans ambiguïté contribuer à construire des rapports de force. Il ne peut pas non plus se limiter à la résistance à l'ordre établi, à tenir courageusement des lignes de défense sur des positions toujours plus précaires et menacées. Nous voulons aussi et surtout proposer d'autres cadres de pensée que ceux qui aboutissent à la situation actuelle. Notre projet ne vise pas non plus à construire quelques îlots de «bien vivre» qui se désintéresseraient de l'océan de souffrance au milieu duquel ils vivent. Dans une perspective républicaine, ces îlots peuvent être des points de départ, jamais des fins en soi. Nous voulons contribuer à la construction, avec modestie mais sans concession sur l'essentiel, à la définition d'un nouveau paradigme politique et économique; principalement basé sur le double héritage du mouvement ouvrier et de l'écologie politique. L'enjeu central sera, à mon estime, la définition d'un nouveau statut du producteur. C'est le salariat qui est ici en cause, comme régime permettant la préemption par des tiers de la richesse produite (ce que les marxistes nomment l'exploitation, c'est-à-dire l'extorsion de la plus-value) et comme régime coupant le producteur du sens de sa production (l'aliénation). Je suis convaincu que nous ne considérerons pas a priori les autres forces politiques comme des ennemis. Les bons et les méchants, le monde en noir et blanc, ça n'est pas du tout notre truc. Toutes celles et tous ceux qui, où qu'ils soient, travaillent honnêtement à créer de l'égalité, sont ou seront, nous l'espérons, des alliés. Nous mesurons, dans l'impuissance actuelle des gouvernants, qu'il y a une part de renoncement mais aussi une autre de difficulté bien réelle, de pourrissement organisé des institutions par des pouvoirs d'influence non démocratiques. Et que cette difficulté, si nous menons notre projet à bon port, nous nous y affronterons nous aussi, et plus durement encore. Pour autant, nous ne construirons pas, j'en suis convaincu, nos alliances stratégiques, celles qui sont durables et fondamentales, sur la base d'une opposition commune à une politique présente. Nous ne cèderons pas aux intimidations -- d'ores et déjà nombreuses -- de ceux qui défendent un projet qui est très éloigné du nôtre mais nous intiment l'ordre de s'aligner derrière eux au nom d'un «vote utile» sans condition qui dévoile une conception de l'idée démocratique qui n'est pas la nôtre. Les plate-formes de mécontents ne fondent pas un projet politique alternatif. Et les perspectives autoritaires nous trouveront toujours sur leur chemin. Envoyer des élus au Parlement n'a de sens que pour y porter un projet neuf, des propositions permettant de faire évoluer la situation, pour ouvrir la voie à autre chose, pour fonder la confiance commune dans un autrement effectivement atteignable. C'est donc sur les bases, plus difficiles à construire mais bien plus solides, d'un projet de société alternatif, que nous construirons nos alliances politiques. Nous ne nous contenterons pas de scander le mot «anticapitalisme» comme un mantra. Nous expliquerons calmement comment nous imaginons organiser la société, comment, à travers des coopératives de travailleurs librement associés dont la production répondra aux besoins réels de la population, une fonction publique re-légitimée, des droits sociaux étendus, une exigence démocratique renouvelée, il sera possible d'améliorer la vie de l'immense majorité de la population. Le Mouvement VEGA essayera d'être ouvert à celles et ceux qui cherchent à sortir des «double bind» infernaux et des conflits horizontaux. Il n'y aura pas d'hommes providentiels chez VEGA, pas de «leader maximo». Mon espoir et mon souhait est que VEGA soit demain un creuset où puissent s'opérer des synthèses nouvelles. Nous faisons de la politique parce que nous pensons pouvoir -- dans dix ans ou à la prochaine génération -- gouverner le pays et l'Europe mieux et autrement qu'ils ne le sont aujourd'hui. Sinon, je vous le demande: à quoi bon s'épuiser? Si vous souhaitez participer, c'est [par ici que ça se passe->http://www.mouvement-vega.be/].
 
jeudi 26 décembre 2013
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Les lignes vont bouger...

Je rencontre de plus en plus souvent ces derniers temps des personnes, souvent électeurs du centre ou de la droite, qui sont révoltées par le cours des choses. Leur premier mouvement est parfois à la condamnation du monde politique dans son ensemble, accusé d'impuissance, de nombrilisme, quand ce n'est pire. Pourtant il ne faut guère gratter pour constater que ces personnes -- même si elles soutiennent intuitivement Maggie De Block ou Sabine Laruelle, «pour leur pragmatisme» -- sont en fait très proches d'un projet de gauche. Elles s'indignent sans ambages du manque de volonté des actuels gouvernants à juguler les excès du monde financier, dont elles se rendent parfaitement compte du gigantesque impact qu'ils ont sur nos vies. Elles n'ont pas avalé la manière dont l'éponge a été passée -- et continue à l'être -- sur l'irresponsabilité caractérisée des banquiers. Elles conchient sans vergogne la politique d'exonération d'impôt pour les multinationales (notamment à travers les intérêts notionnels) dont elles se rendent compte qu'elle se paie au quotidien dans la dégradation des services publics dont nous sommes tous les usagers. Elles défendent mordicus les fondamentaux que sont l'éducation, les soins de santé, les pensions. Et l'austérité leur apparaît pour ce qu'elle est : un prodigieux contre-sens économique, qui appauvrit tout le monde sans résorber les déficits publics. Généralement, ça coince pourtant sur deux points (et ce sont ces deux points qui les retiennent de voter pour la gauche de gauche) : les chômeurs et les immigrés. À ces personnes, je voudrais dire ceci : défendre les plus faibles -- en plus d'être notre honneur d'êtres humains --, c'est défendre tout le monde. A contrario, organiser l'appauvrissement des chômeurs et des migrants (sans parler des malades, des jeunes, des vieux, des familles monoparentales et j'en passe), c'est -- sans le moindre doute, de la façon la plus mécanique -- organiser une concurrence démentielle qui aboutira à une dégradation des droits sociaux, des conditions de travail, des salaires de TOUTES ET TOUS.
 
lundi 16 décembre 2013
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Auditions parlementaires sur le TSCG

Le compte-rendu des auditions organisées conjointement par le Parlement wallon et le Parlement de la Communauté française au sujet du TSCG vient d'être publié. Etaient auditionnés : Marc Becker, Secrétaire national de la Confédération des syndicats chrétiens de Belgique (CSC); Olivier Bonfond, conseiller au Centre d’Education Populaire André Genot (CEPAG); Etienne Lebeau, permanent du Service d’Etude et Formation de la Confédération des syndicats chrétiens de Belgique (CSC); Thierry Bodson, Secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la Fédération générale des travailleurs de Belgique (FGTB); Giuseppe Pagano, Vice-Recteur au Développement institutionnel et régional et professeur à l’Université de Mons et Benoit Bayenet, professeur à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Je reprends ce compte-rendu ici, pour mémoire. Parce qu'il est essentiel que les partis et les élus qui vont voter ce texte ne puissent jamais dire qu'ils ignoraient les conséquences qu'il va avoir.